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Activités, travaux d'élèves, voyages, ressources pédagogiques... Un blog à destination des élèves et des enseignants.

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Lauréate 2009 - Bérengère F. (3e)

Lisez un autre texte de Bérengère, primé au Festival de Littérature de Jeunesse de Rouen 2008

 

Environ 280 ans après sa fondation, la ville d’Alexandrie se préparait à accueillir César. Celui-ci entrait en conquérant avec sa flotte dans le Port de la Bonne Arrivée : il venait de dépasser la pointe de Lochias. Le soleil était à son zénith et, profitant de l’air salubre, alors qu’il se rendait au Museion, le général romain fut vite conquis par les charmes et par la réputation de la ville.

 

Au Museion l’attendaient le successeur d’Apollonios de Rhodes et son compagnon. Tout en se dirigeant vers l’une des exèdres du monument, César s’entretint avec le grand prêtre :

 

- C’est donc ici qu’est rassemblé le savoir éclectique du monde, ce lieu où de nombreux savants partagent et enrichissent leur savoir. Nous marchons dans les mêmes couloirs que ceux dans lesquels ont marché les plus grands érudits.

 

- Ce lieu est en effet porteur de l’histoire et du savoir. Nos rois ptolémaïques ont su faire venir à eux les plus grandes découvertes. C’est ici qu’Eratosthène et d’autres ont discuté des astres et de la Terre, c’est en ce lieu qu’Aristarque de Samos a découvert que l’astre lumineux et brûlant se trouvait au centre et que cette terre sur laquelle nous vivons tournait autour de celui-ci. C’est entre ces murs qu’Euclide a élaboré ses théorèmes.

 

- Mais la capitale des Lagides ne rassemble pas seulement le savoir éclectique. N’est-elle pas la ville cosmopolite établie sur une bande rocheuse entre la mer égyptienne et le lac Maréotis ? Ne se dégage-t-il pas de ce territoire en forme de chlamyde, ce vêtement macédonien rappelant le Grand Alexandre, une culture à la fois grecque et égyptienne ? Ne croisons-nous pas sphinx, griffons, bâtiments et palais faits de colonnes corinthiennes et d’architraves décorées de frises lorsque nous empruntons la voie Canopique ?

 

- Caire ou plutôt Ave César, tu as raison. Ce sont des temples grecs, des obélisques et des pyramides qui embellissent notre ville. C’est ici que s’opère le mélange des cultures et des arts. C’est cela qui a fait et qui fera d’Alexandrie la ville de la culture universelle et la lumière du monde. Nous entretenons aussi la mémoire de ce Grand conquérant de l’Orient dont tu as évoqué le nom à l’instant. Ne vois-tu pas la mosaïque, sur ce mur du musée, représentant l’illustre bataille d’Issos ?

 

- Bien sûr, cette victoire d’Alexandre sur Darius, qui a pris la fuite ! Mais, est-ce que je me trompe si j’affirme qu’Alexandrie doit son palais, Basileia, et sa tour lumineuse à Ptolémée Sôter, le premier roi ptolémaïque, celui qui a succédé au grand Macédonien ?

 

- Tu dis encore vrai, César, cette tour lumineuse de l’île de Pharos qui guide les navires sur la mer houleuse nous vient de Ptolémée Premier. C’est lui qui l’a établie dans une cour de colonnades, qui l’a construite sur trois étages et qui a fait brûler une flamme au sommet.

 

- Mais tous nos rois ont participé à l’enrichissement de la Bibliothèque, intervint le compagnon du grand prêtre des Muses. C’est grâce à eux qu’elle possède les volumina et les rouleaux des lettres les plus connus. On trouve dans les casiers L’Iliade et L’Odyssée d’Homère, les Dialogues de Platon ainsi que les poèmes de Callimaque.

 

- Même les scribes ne parviendraient pas à tous les citer tant ils sont nombreux, intervint le général romain. Cette ville est en tous points merveilleuse ! Je fais ce jour le souhait que cette culture soit conservée et enrichie, que tous participent dans une même unité au rassemblement et au partage du savoir, établissant un pont qui relierait le monde d’aujourd’hui à celui de demain.

 

Le soleil tombait sur la ville. Déjà, on pouvait observer la lumière que la tour de l’île de Pharos diffusait. Le calme gagnait progressivement les rues. Dans la pénombre, le général romain s’imaginait établi à Alexandrie. Songeur, il regagnait son navire, empruntant les larges rues de la ville. Selon le consul, Alexandrie devait inspirer Rome et, à travers elle aussi, demeurer la lumière culturelle du monde antique.

 

Bérengère F.

 

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