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Compte rendu du chapitre I de
Magna Grecia : Les colonies grecques dans l'Italie antique, de Pier Giovanni Guzzo,
par Thierry LE PEUT
La Ligue italiote, dans la première moitié du IVè siècle, est créée sous l’hégémonie de Tarente, sous la direction du stratège Archytas.
Les cités italiotes gardent leur autonomie ; cependant à Cumes, Neapolis, Poseidonia, les autochtones conservent leur langue, leur religion, leurs traditions.
Le commerce des colonies avec la Grèce se réduit à cause de l’expansion de la Macédoine.
A la fin du Vè siècle, le tyran Denys de Syracuse (qui a épousé Doris, de Locri) s’intéresse aux côtes tyrrhéniennes et fonde la colonie Hadria sur l’Adriatique. Il noue des alliances avec les Lucaniens. Au début du IIIè siècle, le tyran Agathocle s’empare de Crotone et d’Hipponion.
En –356, les Brettiens obtiennent leur autonomie des Lucaniens par la force et conquièrent plusieurs cités sur le versant tyrrhénien. Lucaniens et Brettiens s’organisent et se développent. Les Italiques construisent des cités fortifiées, font la guerre, développent l’agriculture, l’élevage, le commerce.
Les Italiotes font appel à des « capitaines d’aventures » venus de la cité mère :
1) Alexandre le Molosse, roi d’Epire (et oncle d’Alexandre le Grand), libère Métaponte en –327 mais est tué devant Cosenza ;
2) Pyrrhus, roi d’Epire (petit-cousin d’Alexandre le Molosse), est appelé par Tarente pour lutter contre les Romains, qu’il écrase près d’Héraclée grâce à ses éléphants, en –280, avant de descendre vers le sud et de passer en Sicile. Il bat de nouveau les Romains à Ascoli (Ausculum) et, à Bénévent en -276, remporte une « victoire à la Pyrrhus » qui l’incite à rentrer en Grèce.
Les Italiotes se replient sur eux-mêmes ; l’agriculture y reste importante. L’influence réciproque des Italiques et des Italiotes aboutit à un syncrétisme partiel, religieux et culturel.
En –326, Rome conclut un pacte avec Neapolis contre les Samnites. Au début du IIIe siècle, Rome prend contact avec Tarente puis Thourioi, et conclut des alliances. Alcibiade et Pythagore auront même leurs portraits aux Comices de Rome. En –273, la colonie de Paestum (ex-Poseidonia) devient de droit latin.
Après la Première Guerre Punique, la Grande Grèce entre dans l’orbite commerciale de Rome, qui a conquis la Sicile.
La Deuxième Guerre Punique met fin à l’autonomie des cités italiotes. Durant cette guerre, Hannibal a reçu le soutien des Lucaniens et des Brettiens, ainsi que des classes pauvres des cités italiotes. Le général carthaginois a déporté la population hostile de Thourioi à Métaponte et l’a remplacée. Tarente conquise est devenue une place forte carthaginoise avant d’être conquise à nouveau par Rome en –209. Au terme de la Deuxième Guerre Punique, Rome rétablit des régimes qui lui sont favorables, fonde ou refonde des colonies, se heurtant à des révoltes, notamment des « bacchants » (qui célèbrent un culte dionysiaque issu des mystères orphico-pythagoriciens) en Apulie, Calabre, Etrurie.
La construction de la Via Popilia, qui relie Capoue à Rhegion, a pour but de repousser les bergers nomades au profit des agriculteurs.
Le latin devient langue officielle et la Grande Grèce se romanise.
La guerre menée par les Samnites et les Lucaniens contre Rome prend fin en –89. Tous les habitants de la péninsule au sud du Pô obtiennent la citoyenneté romaine.
Auguste plus tard achève la pacification de la région.
Cicéron, au Ier siècle, observe que « la Grande Grèce n’existe plus ». ("Magna Grecia nunc quidem deleta est", De Amicitia, 4)