Activités, travaux d'élèves, voyages, ressources pédagogiques... Un blog à destination des élèves et des enseignants.
Chapitre IV
LE « GOUVERNEMENT » DE PERICLES (443-429)
Une magistrature exceptionnelle
stratégie : la plus haute magistrature athénienne ; le stratège doit être de la plus élevée des classes censitaires et avoir des enfants ; il a un accès direct aux séances du Conseil ; dix stratèges sont élus chaque année (un par tribu).
Périclès est réélu stratège chaque année de – 443 à – 429. Deux choses sont exceptionnelles dans cette réélection :
1) que Périclès ait été élu quinze fois de suite ;
2) le fait qu’il ne soit pas l’un des dix stratèges mais un onzième, en contradiction avec les principes de la réforme clisthénienne.
Il n’est pas simple d’expliquer cette exception.
D’une part, Périclès se trouve en position de diriger les affaires de la cité pendant une longue période ; l’historien Thucydide dira de son « gouvernement » : « Sous le nom de démocratie, c’est en fait le premier citoyen qui gouverne ». Les adversaires de Périclès l’accuseront donc de tyrannie ; mais c’est inexact, car Périclès remet chaque année son sort entre les mains du dèmos, qui seul décide.
D’autre part, à quoi tient ce rapport exceptionnel entre le dèmos et Périclès ? Ce dernier était un homme discret, décrit comme hautain, se tenant à distance des banquets ; sa relation avec Aspasie, tenancière d’une maison de prostituées, était mal perçue. En même temps, tous louent son éloquence, sa capacité à convaincre. L’explication la plus vraisemblable est que, durant quinze ans, le dèmos a senti que ses intérêts étaient mieux servis par cet homme que par aucun autre.
Une ville en chantier
- 449 : Périclès fait adopter un décret organisant le financement public des constructions
Le « programme » de construction de Périclès :
- sur l’Acropole d’Athènes : le Parthénon (- 447 / - 432, par Callicratès et Ictinos), les Propylées (- 437 / - 433, par Mnésiclès), la statue d’Athéna Parthénos (achevée et dédiée en – 438, par Phidias) ;
- à Eleusis : le Télestérion ;
- dans la cité d’Athènes : l’Odéon, les Longs Murs
et d’autres travaux auxquels on ne sait s’il faut associer Périclès :
- sur l’Acropole, construction de la Chalkothèque, réfection du bastion d’Athéna Niké ;
- en ville : construction de bains publics ;
- au Pirée : construction des docks ;
- érection du portique du sanctuaire de Brauron ;
- érection de temples en Attique (temple de Némésis à Rhamnonte, de Poséidon au cap Sounion, de Déméter et Coré à Thorikos).
Des moyens considérables sont aussi nécessaires pour mener à bien ces travaux :
- moyens financiers : on utilise l’argent du tribut des alliés, transporté de Délos à Athènes dès – 454. Les oligarques attaquent Périclès sur ce point, l’accusant de dépenser l’argent des alliés ; à quoi Périclès répond qu’Athènes, qui fournit des bateaux et des soldats, a le droit de disposer en retour de l’argent des alliés. Cet argent sert notamment à payer un salaire aux ouvriers.
- matières premières : « marbre, cuir, ivoire, or, ébène, cyprès » (Plutarque) sont fournis par l’Attique ;
- moyens humains pour transporter (« sur mer, marchands, matelots et pilotes ; sur terre, charrons, voituriers, cochers, cordiers, tisserands, bourreliers, cantonniers et mineurs », Plutarque) et construire (« charpentiers, sculpteurs, forgerons, maçons, doreurs, ivoiriers, peintres, incrusteurs, ciseleurs »).
La direction des travaux est confiée par Périclès à l’artiste Phidias, un ami personnel.
Un collège d’épistates annuels est chargé de faire appliquer le cahier des charges voté par l’Assemblée.
TLP