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29 octobre 2011 6 29 /10 /octobre /2011 21:06

Hélène - amphore attiqueHélène - amphore attique - détail

 

 Thésée et Pirihoos enlevant Coroné sous les yeux d'Hélène

amphore attique à figures rouges, vers 510-500 avant J.-C.

découverte à Vulci

Munich, Staatliche Antikensammlungen 2309

hauteur : 57 cm

 

Image extraite de Inès JUCKER, Vases grecs, "Orbis Pictus", Payot Lausanne, 1970

 

Commentaire de Inès JUCKER (traduction : E. Badoux) :

 

"Cette amphore ne porte aucune signature ; sa forme et son dessin l'apparentent néanmoins de si près à une autre amphore également à Munich, que les deux pièces doivent sortir de la main du même artiste. Or la seconde porte cette inscription : "Euthymidès, le fils de Pollias, m'a peinte". Euthymidès travaillait-il aussi comme potier ? Nous l'ignorons. Quoi qu'il en soit, ce vase est d'une extraordinaire perfection. Comparée à l'amphore d'Exékias (planche 5), la forme a gagné en vigueur. Le champ de l'illustration s'est agrandi et les figures, elles aussi plus puissantes, débordent sur le cadre délicat qui délimite l'image. Celui-ci est décoré d'élégants rinceaux de palmettes, rouges sur fond noir au col, noires sur fond rouge en bas et de côté."

 

Commentaire du détail :

 

"Les deux scènes représentées de part et d'autre de notre amphore forment un tout. Sur le côté non reproduit ici, accourent deux jeunes filles effrayées ; c'est vers elles que se retourne et regarde l'homme nu et barbu que l'on voit sur la gauche de notre image. A droite, le jeune Thésée enlève de ses bras vigoureux la belle Coronè. Hélène, au centre, accourt et cherche à empêcher le rapt en retenant Coronè par le bras et en saisissant le pan du vêtement du ravisseur. Le barbu qui se retourne, à gauche, est Pirithoos, l'ami de Thésée. Thésée, le rayonnant héros fondateur d'Athènes, fut un don juan. Cependant la tradition littéraire ne souffle mot de l'enlèvement d'une Coronè ; elle raconte, en revanche, qu'un jour il enleva Hélène alors qu'elle n'était encore qu'une fillette. Euthymidès a probablement interverti les noms.

 

La composition est audacieuse et dramatique. Les figures, pelines de force, contrastent de manière originale et charmante avec le plissé délicat des étoffes et avec l'artifice des coiffures. On devine l'intérêt porté par le peintre à la représentation du corps masculin nu, le plaisir qu'il prend à tracer des raccourcis ; voyez la jambe et le pied droits de Thésée et les hanches de Pirithoos. Il fut l'un des pionniers de la peinture à figures rouges et, avec d'autres artistes, en prépara la période classique. Il avait en outre le sens de l'humour : à voir les jolis doigts de Coronè jouer avec les boucles de son ravisseur, il ne lui déplaisiat pas tant d'être enlevée ! Avec quelle violence le pouce d'Hélène s'enfonce dans le bras de Coronè... Serait-elle jalouse, par hasard ?"

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